Béziers - Comité biterrois du MNLE : Béziers un étalement sans limite ?

Béziers - Comité biterrois du MNLE : Béziers un étalement sans limite ?

Béziers - Comité biterrois du MNLE : Béziers un étalement sans limite ?

Par Robert CLAVIJO, le 02 Novembre 2020

BEZIERS : ETALEMENT SANS LIMITE ?

La ville de Béziers ne couvrait que 60 ha environ jusqu’en 1827, date à laquelle les vieux remparts furent abattus. En 1975, pour une population de 84.000 habitants, la ville couvrait environ 200 ha. Elle ne dépassait guère l’actuel boulevard de Genève. Actuellement, pour une population moindre (77.000 habitants) la surface urbanisée atteint 2.000 ha soit dix fois plus !!! Chaque Biterrois aujourd’hui, en moyenne, occupe 10 à 11 fois plus d’espace qu’en 1975. Pourquoi ? La mode actuelle dédaigne l’habitat collectif en immeuble à plusieurs étages et lui préfère la maison individuelle avec son jardin et le moins de voisins possible.

Cet étalement urbain a de très graves conséquences :

1- La ceinture maraîchère qui autrefois entourait et nourrissait la ville a disparu sous le béton et le goudron. Même les jardins ouvriers, si bienfaisants, ont disparu. On importe désormais de loin ce qu’on produisait autrefois sur place.

2- Le PLU de Béziers, soumis par la Mairie en janvier 2008 à enquête publique, jugeant insuffisants les 2.000 ha déjà bétonnés et goudronnés, planifiait l’urbanisation de 1.150 ha supplémentaires. Heureusement la préfecture s’y est opposée. Cette frénésie immobilière a bétonné les abords immédiats du canal du Midi, pourtant classé au patrimoine mondial de l’humanité, des zones boisées et même des ZNIEFF (zones naturelles d’intérêt écologique pour leur faune et leur flore) comme le Grand Bois, vestige des forêts qui couvraient autrefois la plaine avant son envahissement par la vigne. On n’a pas hésité à exposer la population à de graves dangers en urbanisant même des zones inondables (au faubourg) et des zones où des glissements de terrain sont à craindre . On a osé construire de nombreuses habitations dans la zone industrielle du Capiscol près d’usines redoutables classées Seveso seuil haut.

3- La dispersion de l’habitat allonge par habitant tous les réseaux (voirie, adduction d’eau potable, égouts, conduites de gaz et d’électricité, etc) . Chaque contribuable doit donc payer 10 à 11 fois plus qu’en 1975 pour la construction et l’entretien de ces réseaux. .

4- La ville étalée et la dispersion de l’habitat accroissent l’usage de l’automobile alors qu’il est urgent de le réduire.

Pour toutes ces raisons il faut en finir totalement avec l’étalement urbain. Or le projet de PLU actuellement à l’enquête publique étend l’urbanisation même en zone inondable (au faubourg) et programme cyniquement la création de nouveaux quartiers sur des terres agricoles comme les Grandes Vignes entre Béziers et Boujan . A ce train Béziers et Boujan ne feront bientôt plus qu’une seule agglomération. A Bayssan on envisage froidement un studio et un parc à thème cinématographiques qui détruiront 78 hectares de terres agricoles.

Tous les urbanistes actuellement préconisent la « densification » de l’habitat. Un célèbre architecte audois propose même, un tantinet provoc, de bâtir des « gratte-ciel ». La nécessité de densifier l’occupation du sol est désormais admise dans les congrès d’élus locaux. Le conseil général de l’Hérault, dès 2006, lançait un appel pour « habiter sans s’étaler ». Mais entre les discours et les actes, la contradiction est énorme

Peut-on s’opposer à la volonté des gens d’habiter des villas en zone périurbaine ? nous demande-t-on parfois.

Le P.L.U. (autrefois appelé plan d’occupation des sols) planifie l’usage qui sera fait du sol. On ne peut bâtir en zones rurale ou naturelle que si le P.L.U., établi par la Mairie, l’autorise. Elle doit cesser de l’autoriser pour obliger les promoteurs à bâtir des immeubles en zone déjà urbanisée. Ainsi les logements construits dans la ZAC de l’Hours, près du centre de Béziers, sont des immeubles de 4 ou 5 étages. Bravo !. Ajoutons qu’un appartement confortable, insonorisé, facile à chauffer dans un immeuble de plusieurs étages, c’est beaucoup mieux qu’une bicoque isolée en rase campagne. La grande bourgeoisie new-yorkaise n’habite pas des villas périphériques mais des gratte-ciel en plein New-York. A Marseille, le grand immeuble de Le Corbusier, connu sous le nom de «cité radieuse », avec ses 7 ou 8 étages et ses centaines de logements, n’est pas habité par des ouvriers mais par des cadres supérieurs. Ils pourraient sans peine se payer une villa périurbaine mais ils préfèrent le convivial, l’agréable, le génial immeuble de Le Corbusier. Des fenêtres, on a sur tout Marseille, sur la mer et la montagne une vue magnifique. Le toit est un terrain de jeu pour enfants. Et dans l’immeuble même on trouve presque tout ce dont on a besoin : médecins, dentistes, restaurants, lieux de culture, de détente, de convivialité. Aucun besoin d’auto pour les résidents.

Pour le Comité biterrois du MNLE (Mouvement National de Lutte pour l’Environnement)

Robert CLAVIJO tél 04 67 76 28 56

 

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