Hérault - Emmanuelle Ménard : l'examen du projet de loi de renforcement de l'inclusion dans l'emploi


Hérault - Emmanuelle Ménard : l'examen du projet de loi de renforcement de l'inclusion dans l'emploi

Par Emmanuelle Ménard, le 16 Septembre 2020

Je vous propose de prendre connaissance de mon allocution à l'occasion de l'examen du projet de loi de renforcement de l’inclusion dans l’emploi par l’activité économique et à l’expérimentation " territoire zéro chômeur de longue durée " :

" Monsieur le Président,

Mesdames les ministres,

Madame la présidente de commission,

Madame le rapporteur,

C’est du jamais vu. Le produit intérieur brut (PIB) a chuté de 13,8% au deuxième trimestre, le plus fort recul depuis 1949, nous dit-on. Et malheureusement, notre dégringolade est plus rapide que celle de nos voisins européens puisque l’UE et la zone euro ont respectivement enregistré une baisse moyenne de 11,9 % et 12,1 %.

Bref, les affaires vont mal. Et même très mal pour certains. Les entreprises du tourisme, de l'hôtellerie et de la restauration sont parmi celles qui ont le plus perdu. Entre 30 et 40 milliards d'euros pour l'année 2020.

Dès lors, la consommation intérieure apparaît comme le levier essentiel de la reprise économique. Mais bien entendu, pour consommer, il faut du pouvoir d’achat. Et c’est impossible quand on n’a pas d’emploi !

Or, là encore, rien ne va plus : 800.000 emplois devraient être détruits cette année en France, selon la Banque de France. Le taux de chômage pourrait atteindre les 11 % au premier semestre 2021 ! Air France, Airbus, Nokia, Renault et beaucoup d’autres entreprises ont annoncé des suppressions d’effectifs. Et 61% des start-up françaises ont déclaré reconsidérer leurs intentions de recrutement dans les prochains mois.

Alors évidemment, il faut innover, imaginer, expérimenter. Toute idée est bonne à prendre pour lutter contre ce chômage de masse qui risque, après la crise économique, d’engendrer une crise sociale, tout aussi redoutable.

C’est dans ce contexte que s’inscrit votre expérimentation « territoires zéro chômeur de longue durée ». La méthode est innovante. Elle renverse le schéma classique d’embauche en partant des compétences des chômeurs pour créer de l’emploi.

Le mécanisme est simple. Une personne au chômage coûte en moyenne 18 000 euros par an à l’État et aux collectivités territoriales. De l’autre côté, il y a le coût d’un emploi. Un cas d’école : le coût d’un SMIC en France, toutes cotisations confondues, c’est environ 20 000 euros. Votre idée est donc de prendre les 18 000 euros que coûte un chômeur pour financer son emploi.

Pour éviter l’effet d’aubaine, en parallèle, les projets sont soumis à un comité local pour validation. Bref, le processus semble bordé et emporte d’ailleurs un certain consensus. Pour ma part, j’espère que cette expérimentation portera les fruits escomptés.

Un bémol cependant : car porter cette mesure et, « en même temps », serrer la vis aux contrats aidés brouille un peu la grille de lecture… Ces contrats aidés qui sont pourtant, sur le terrain, très utiles. En contrepartie d’une aide de l’Etat, l’employeur doit accompagner son salarié par un certain nombre de mesures, en termes de formation par exemple. C’est non seulement du donnant/donnant mais c’est aussi et surtout du gagnant/gagnant. Une vraie bouffée d’air frais. Pourtant, pour cause de coupes budgétaires, les contrats aidés se font rares.

À Béziers, en 2019, la mairie, grâce à ce dispositif, a pu embaucher 80 personnes. En 2020 en revanche, une coupe nette a dû être opérée, avec seulement 40 bénéficiaires. C’est évidemment tout à fait regrettable car les collectivités territoriales peuvent être un véritable soutien à la population en matière d’emploi. Et un certain nombre de ces emplois sont d’ailleurs pérennisés.

L’exposé des motifs de votre proposition de loi, madame le rapporteur, commence par le rappel du principe constitutionnel selon lequel « chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi ».

Il ne suffit pas de le dire, encore faut-il s’en donner les moyens. Je ne vous cache donc pas ma déception après avoir entendu le Premier ministre affirmer sa volonté de soutenir le recrutement des jeunes via des contrats aidés. Déception car, dans les faits, son engagement est tronqué : pas un mot sur les collectivités dans le décret d’application du 5 août dernier visant à soutenir l’embauche des jeunes de moins de 26 ans. Avouez qu’en terme de pragmatisme, on fait mieux…

J’ai d’ailleurs saisi, en ce sens, la semaine dernière, le Premier ministre. Espérons que le tir sera rapidement corrigé.

Car plus que jamais les territoires ont besoin de mesures concrètes, efficaces, opérationnelles immédiatement. Dans l’Hérault, le taux de chômage au 1er trimestre 2020 était de 11,2 %. Ça, c’était avant la crise sanitaire. Je vous laisse imaginer à combien va s’élever ce taux dans les prochains mois, si nous n’agissons pas rapidement. Et je ne parle pas là de mesurettes. Ni même d’expérimentations. Car étant donné notre situation économique, ce qui nous manque le plus, c’est le temps.

Ma question est donc simple : qu’attend le Gouvernement pour aller au bout des dispositifs déjà existants pour redonner du souffle à nos territoires ?

Hérault - Emmanuelle Ménard : l'examen du projet de loi de renforcement de l'inclusion dans l'emploi

 

Une information à partager ?
Cliquez-ici !

 

Retour

 

A LIRE AUSSI