Agde - Aménagement durable de notre commune et contradictions

Agde - Aménagement durable de notre commune et contradictions

Agde - Aménagement durable de notre commune et contradictions

Un récent article concernant les bouchons du pont d’Agde nous ont conduit à une réflexion plus aboutie sur le réseau routier de notre commune.

Depuis des décennies, les autorités décisionnelles expliquent que ce phénomène est lié à la simple curiosité des conducteurs ralentissant volontairement à cet endroit, qu’une double voie coûterait beaucoup trop cher, à défaut d’envisager des brises-vue , idée qui ne fait pas l’unanimité. Ce serait ignorer les autres bouchons, ceux en dessous du pont le long du parking de l’Hyper Marché Grand Cap, les automobilistes ne sont pourtant pas sous le charme du panorama, ceux de l’axe central des super marchés, d’Hyper U à Inter Marché, ceux de la Promenade quand le temps est maussade et que les touristes viennent visiter le centre ville. La liste est longue, surtout bien connue des Agathois.

En définitive, la municipalité n’a jamais affiché la volonté de régler cette situation depuis la création de la station, soit 50 ans! A l’époque, la question d’une quatre voies sur l’Hérault avait donné lieu à des débats nourris. Avec l’ augmentation galopante de la population locale, ce sujet reste plus que jamais d’actualité.

Ce n’est vraiment pas une question de coût, puisqu’en trois ans 50 millions TTC ont été débloqués pour créer un Casino et un Palais des Congrès. Le constat est simple, depuis fort longtemps, notre réseau routier n’est plus adapté à la fréquentation touristique. Il n’a pas évolué au même rythme que notre commune, 1ère station balnéaire de France comme se plaît à le rappeler notre maire, aux commandes de l’aménagement de notre ville depuis presque vingt ans. A ce titre, il doit veiller à mettre en ordre et cohérence les habitants, les activités, les équipements, les moyens de communication d’Agde.

Actuellement, de nombreuses critiques lui sont faites sur son rôle de bâtisseur, indéniable, que certains ont qualifié en langage populaire de « bétonneur » (ouvrier spécialisé dans la mise en œuvre du béton). Ce terme traduit surtout le refus de constructions massives, de nouveaux quartiers en béton lissé caractérisés par une signature architecturale forte, pas forcément au goût de chacun. Ce rejet va plus loin , englobant la nouvelle politique en matière d’urbanisme, légitimée par le PLU, qui consisterait à créer des déséquilibres écologiques, à altérer les réseaux collectifs d’espaces naturels. La perte du bois classé de l’île des loisirs en est la parfaite illustration.

L’annonce par la majorité de repenser ce projet à la veille des élections municipales , alors que le permis de construire un important complexe immobilier est effectif, ne convaincra personne.

Enfin, avec plus de 28 000 Agathois à l’année, c’est une réalité, pour qui, pourquoi, jusqu’à quand encore construire ? C’est une question qui préoccupe chaque administré soucieux de garder une ville à dimension humaine. Gérer une population de plus de 50 000 habitants (résidents annuels et secondaires), ou 300 000 sur presque deux mois de l’année nécessite des prouesses d’ingéniosité, et le souci du respect des lois sur l’environnement, véritable enjeu des années 2000.

2010, année internationale de la bio-diversité socle du développement durable, des lois Grenelle et du protocole NAGOYA, a marqué le grand virage écologique. Les SCOTs doivent redéfinir l’aménagement des territoires en préservant la bio-diversité sous toutes ses formes, en maintenant les trames vertes et bleues.

Sur notre commune, des opérations d’économie de ressources en eau et électricité ( arrosage du golf et ombrières) ont été conduites et font école.

Cependant, il y a loin de la coupe aux lèvres pour la protection écologique des sites et des espèces. Certains secteurs naturels, en zone rouge, inondables, classés NATURA 2000 sont menacés de constructions, permis de construire en instance ou déjà accordés.

Tel est le cas du projet « quartier de MALFATO », pour l’instant en sommeil, sauvé par le gong de chercheurs scientifiques ayant recensé sur le site des espèces de faune protégée. N’oublions pas que notre maire a été un fervent défenseur de ce programme d’aménagement. Plus récemment, la construction d’une immense bâtisse pour un port à sec à la Tamarissière, en zone NATURA 2000, n’a pas manqué de faire débat. L’argument avancé : « il vaut mieux ça que des caravanes »n’est pas recevable car c’est choisir entre la peste et le choléra, et la loi dans tout cela ? Notre maire, de surcroît Président du SCOT, ne peut pas fermer les yeux sur de telles dérives.

Nous revendiquons haut et fort le droit de vivre dans une ville respectueuse des lois, harmonieuse, cohérente , préservée.

Corinne SEIWERT Conseillère Municipale Agde (11-08-19)

 

Un article, un communiqué, l'annonce d’une réunion ?
Proposez-le ici !

 

Retour

 

A LIRE AUSSI


 

Regard(s) sur l'actualité politique Héraultaise avec L'Indécapant.