ACTUALITES : BEZIERS ( 34 ) - Comment nos élus gèrent les déchets biterrois

BEZIERS ( 34 ) - Comment nos élus gèrent les déchets biterrois

Comment  nos élus gèrent les déchets biterrois

Déchets de cuisine, restes de repas et autres résidus d’origine animale ou végétale constituent la moitié des ordures ménagères. Ce qu’on peut faire de mieux avec ces putrescibles c’est de faciliter leur fermentation pour qu’ils deviennent du compost, le meilleur des fertilisants agricoles. Pour cette catégorie de déchets ménagers le compostage est le traitement le plus simple, le moins coûteux et le plus écologique. Le compost permet notamment de refertiliser les sols épuisés par une agriculture intensive.

Pour que le compost soit de bonne qualité et vendable il ne doit contenir ni verre ni plastique ni résidus toxiques. C’est pourquoi chaque ménage devrait utiliser pour les putrescibles une poubelle distincte collectée à part des autres ordures.  Faute de cette collecte séparée la mairie de Béziers a été obligée de construire à grands frais une usine de tri automatique pour extraire des poubelles  les putrescibles et essayer d’en faire du compost. Mais le tri automatique est incapable de séparer convenablement les fermentescibles des autres ordures. Le « compost » obtenu en aval contient trop d’indésirables pour être vendable. Il finit donc entièrement dans la décharge municipale. Les contribuables financent ainsi une usine totalement inutile et l’enfouissement en décharge.  Double gaspillage d’argent public.

Au lieu de tirer la leçon de cet échec et d’organiser enfin la collecte séparée des résidus compostables, nos élus ont préféré démolir l’usine en 2014 et  la rebâtir à grands frais avec le vain espoir que des améliorations techniques rendraient performant le tri automatique.

Nous avons en 2012 et 2013 plusieurs fois prévenu les élus que cette nouvelle usine serait un nouveau gaspillage et qu’elle ne produirait jamais du compost acceptable. Quand on casse des œufs, on peut aussitôt séparer le blanc du jaune mais une fois que ces œufs sont battus en omelette, il n’est plus possible de séparer jaune et blanc. Or dans les poubelles biterroises tous les déchets se mélangent intimement et l’agglo commet en plus l’erreur impardonnable de broyer les ordures à l’entrée de l’usine, ce qui aggrave leur mélange et le rend inextricable.

Dans un avis publié en mars 2012, l’ADEME (le service public de l’environnement) mettait tous les élus en garde contre les usines de tri, confirmant ainsi notre propre mise en  garde. Enfin la loi du 17 août 2015 sur « la transition énergétique pour la croissance verte »  préconise de généraliser le tri à la source des déchets fermentescibles par les ménages et conclut que toute nouvelle usine de tri doit être évitée. Mais les élus biterrois ont persévéré aveuglément dans leur erreur. Le résultat est catastrophique :

 La démolition–reconstruction de  l’usine et les nombreuses modifications-réparations qui ont suivi ont coûté en tout plus de dix millions et demi d’euros. Et malgré ces dépenses les performances de  VALORBI (la nouvelle usine) sont plus mauvaises encore que celles de l’UVOM (l’ancienne usine). Pour plus de détails, consulter le récent rapport définitif de la  chambre régionale des comptes.

Pourquoi les élus biterrois refusent-ils obstinément d’organiser la collecte séparée des fermentescibles alors que la loi les y oblige ? C’est un mystère sur lequel il faudra bien qu’ils s’expliquent un jour.   En attendant, incapables de produire un compost vendable, ils ont choisi la solution facile de l’incinération. Non seulement l’agglo veut brûler à Béziers 15.000 tonnes/an de déchets d’assainissement mais elle voudrait aussi  transformer en combustible une bonne partie des ordures ménagères que 52 communes font traiter à Béziers dans l’usine VALORBI. 

Or l’incinération est fortement déconseillée par la directive cadre européenne N° 2008/98/CE de novembre 2008. Pour inciter les collectivités à préférer le compostage et le recyclage, les incinérateurs sont soumis à la TGAP (taxe générale sur les activités polluantes).  La fonction de cette taxe est de s’alourdir au fil des ans jusqu’à  devenir insupportable pour pousser les élus à préférer compostage et recyclage. Les Biterrois devront donc payer une taxe toujours plus lourde parce que leurs élus, sans consulter les citoyens, ont fait des choix pervers.

Et nous devrions nous soumettre ?  

 

Pour le comité biterrois du MNLE (Mouvement National de Lutte pour l’Environnement)

Robert CLAVIJO  tél : 04 67 76 28 56

Robert CLAVIJO - Mouvement National de Lutte pour l’Environnement) (11-03-19)     864 vues

 

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