ACTUALITES : AGDE ( 34 ) - QUAND LE DISCOURS SUR L’IMPOT SONNE FAUX par Corinne SEIWERT

AGDE ( 34 ) - QUAND LE DISCOURS SUR L’IMPOT SONNE FAUX par Corinne SEIWERT

  Lors du dernier conseil municipal,  j’ai demandé à notre maire s’il voulait bien  m’indiquer le montant du potentiel fiscal de la commune, pour apprécier toute la portée de sa phrase fétiche:  «cela fait 11 ans que nous n’augmentons pas les impôts, car notre gestion est remarquable». Visiblement, il ne connaît pas ce terme, pourtant ce chiffre de 41 975 864 Euros, est indiqué en page de garde du budget primitif 2019 qui nous a été distribuée en début de séance. C’est assez pitoyable de maîtriser aussi peu ses sujets et de railler sur le patronyme de l’élue que je suis pour faire diversion: «écrivez-moi, je ne comprends pas la seiwertitude».

                       Dissipons le doute sans tarder.

                       Le maire n’a aucun mérite à ne pas augmenter la taxe foncière, car tout simplement il ne le peut plus depuis 2009,  il l’a fixée au taux maximum autorisé. C’est «benêt», selon une de ses expressions favorites.

                       Pour la taxe d’habitation, s’il s’en référe aux taux moyens nationaux, le volant serait de  3 millions d’Euros ( 42 M arrondi de potentiel fiscal diminué des 39 M de recettes fiscales perçues en 2017) , soit 67 Euros en moyenne à répercuter  sur les 44 914 logement imposés à cette taxe. Inutile de préciser que cette manne financière paraît bien peu au vu des enjeux immobiliers de notre commune, qui fait le pied de grue comme jamais à la porte des  subventions de l’Europe, de l’État, de la Région, du département et autres . Surtout, cette mesure serait très impopulaire à la veille d’une échéance électorale. Soyons sérieux.

                       Finalement,  et depuis longtemps notre maire nous fait croire qu’il est le garant d’une fiscalité maîtrisée, équilibrée.

Si l’augmentation de la fiscalité directe ne peut pas passer inaperçue sur la feuille d’impôt que nous recevons, les autres taxes indirectes et redevances restent omniprésentes. C’est ainsi qu’en 2009 les parkings sont devenus payants, en 2010 les mobil-homes ont été imposés à la taxe d’habitation comme résidences secondaires, en 2018 notre facture d’eau a été majorée de 10% , j’en passe et des meilleurs. Saviez-vous que ces redevances se cachent partout? Sur l’amende de stationnement, les frais de fourrière, la publicité sur les panneaux de la voie publique, et même, je vous le donne en mille, sur votre facture EDF: la taxe sur la consommation finale TCFE de l’ordre de 10% de votre facture, et votée au taux de 8,40% alors que le maximum est de 8.50%.

La politique locale consisterait donc à actionner le levier des rentrées financières par le biais de cette kyrielle d’opportunités, et des demandes de subventions, qui pour la seule opération du contrat de ville serait de l’ordre de 10 millions d’Euros en 2019 .

                       Avant de terminer sur le dossier de la fiscalité locale,  je souhaiterais appeler l’ attention sur le fait que le poids des impôts locaux sur les charges des ménages n’est pas réparti équitablement, pesant beaucoup trop sur le budget moyen d’un ménage propriétaire de son logement.

            Car depuis 2009, les propriétaires fonciers paient le maximum du taux autorisé 25.46%, quand  les  résidents secondaires, par exemple, bénéficient d’un taux minoré 18,99%, pour un taux maximum de 29,87%.

En 2017, sur les 19 763 foyers fiscaux, hors résidences secondaires, 64% étaient non imposables. Pour les autres il restait à leur charge 39 millions d’Euros de taxes directes, pour un montant par foyer propriétaire de plus de 3 000 Euros. Actuellement, un ménage moyen, propriétaire, doit consacrer l’équivalent d’environ trois SMIC pour le paiement de ses impôts locaux, ce n’est pas rien, alors Monsieur le maire , vous faites bien de ne pas augmenter les impôts! Mais pas pour les raisons que vous évoquez.

            Je vous renvoie à votre engagement de 2014:« baisser l’impôt des ménages », qui actuellement, au vu de la crise sociale suscitée par la baisse du pouvoir d’achat, prend toute sa dimension.

La baisse de la dotation de l’État DGF, que vous évoquez régulièrement à votre décharge, ne tient pas puisqu’elle est largement compensée par ailleurs. Globalement, les subventions, les dotations (péréquation et autres) augmentent, même la DGF = part de dotation multipliée par le nombre d’habitants, boostée par l’évolution de notre population (population majorée du nombre de résidences secondaires, soit 61 467 habitants au 01,01/19).

                                   Aujourd’hui, les esprits s’éveillent de plus en plus, rejetant toute forme de propagande, encore plus les primaires,  pour suivre un discours de vérité.

 Ainsi, les chiens aboient et la caravane passe.

Corinne Seiwert

Conseillère municipale et communautaire

 

                      

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

           

                      

Corinne Seiwert Conseillère municipale et communautaire (06-03-19)     3536 vues

 

L'indécapant 1
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