ACTUALITES : HERAULT - OCCITANIE - Gilets jaunes, consciente verte par Christian ASSAF

HERAULT - OCCITANIE - Gilets jaunes, consciente verte par Christian ASSAF

Gilets jaunes, consciente verte

Etre pour ou contre les gilets jaunes ? Tout serait si simple, le monde serait binaire et l’opinion se diviserait toujours en deux. Non, ce n’est pas le cas. Tout comme l’on peut être gilet jaune et avoir une conscience écologique, l’on peut comprendre leur mouvement sans être sur les « barricades » routières.

Et si la véritable question posée par les gilets jaunes était celle de la lutte des classes, sous une nouvelle forme, qu’amène avec elle la transition écologique ?

Aujourd’hui, qui sont ceux qui souffrent en premier d’un isolement géographique les rendant toujours plus dépendants de leur véhicule ? Celles et ceux que l’on a éloignés du centre des villes pour des logements « bon marché » en périphérie. Celles et ceux qui vivent dans des territoires ruraux et voient les services publics et les pôles économiques disparaître ou s’éloigner. Celles et ceux que l’on a contraints d’aller faire leurs achats dans centres commerciaux toujours plus grands mais toujours plus loin. Majoritairement, ils font partie des catégories populaires. Les plus fortunés ayant des possibilités plus importantes de se déplacer et de choisir leur domiciliation. Vouloir une réelle transition écologique, c’est repenser notre urbanisme, nos transports et notre organisation territoriale pour relier les services publics et les pôles économiques aux lieux de vie et aux cœurs des villes et des villages.

Aujourd’hui, qui sont ceux qui n’ont pas, faute de moyens financiers, l’accès à une consommation de qualité et aux produits issus de l’agriculture biologique ? Car ne soyons pas bien-pensant et disons-le clairement, il y a toute une catégorie de la population que l’on maintient dans la précarité alimentaire, à qui l’on laisse les produits importés et les aliments aux pesticides avec les risques connus qui vont avec. Vouloir une réelle transition écologique, c’est aussi permettre au plus grand nombre d’avoir accès aux produits issus d’une agriculture locale de qualité.

Aujourd’hui qui sont les premières victimes des passoires énergétiques qui conduisent à dépenser toujours plus en électricité et en chauffage ? Celles et ceux qui vivent dans des logements sociaux dont les principaux bailleurs n’ont pas les moyens suffisants pour débuter une rénovation d’ampleur tant ils sont victimes de mesures comptables leur réduisant toujours plus leurs capacités financières. Celles et ceux qui sont abusés par des marchands de sommeil qui, n’obéissant qu’à la loi du profit, n’ont aucune honte à louer des logements insalubres. Celles et ceux qui, propriétaires de leur logement, ne peuvent les rénover faute de revenus suffisant. Vouloir une réelle transition écologique, c’est faire la chasse aux logements insalubres et apporter de nouvelles capacités de rénovation pour les plus précaires.

Ce qui est honteux, c’est que ce sont ceux qui souffrent le plus et qui ont le moins qui ont à subir une double peine ;  celle de ne pouvoir accéder aux nouvelles normes écologiques et à une alimentation plus saine ainsi que celle de subir une fiscalité qui n’a démontré ni son efficacité, ni sa justice.

Ce qui est scandaleux, c’est que ce sont les plus précaires que l’on brocarde et que l’on stigmatise lorsque, aujourd’hui, ils revêtent un gilet jaune aux significations multiples ; sans vouloir voir que l’image que ce gilet reflète est celle d’un pays qui craquelle et dont les liens se distendent chaque jour un peu plus.

Pour répondre à ceux qui ont le plus besoin d’une transition écologique mais n’en ont pas les moyens, il faut plus que des incantations. Une réelle volonté est nécessaire, elle passera probablement par des choix fiscaux mais ils devront être justes et non être simplement une couche supplémentaire sur ceux qui n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois. Ils ne peuvent continuer à supporter un poids indécent quand d’autres défiscalisent, optimisent et profitent. D’ailleurs, pourquoi ne pas porter un « ISF Vert » ? Une réflexion au-delà de la transition écologique est aussi indispensable car, seule, la transition écologique n’est rien. A ses côtés, il faut une transition économique, une transition fiscale et une transition démocratique.

Oui, cela ressemble à un nouveau contrat social mais c’est à ce prix que nous redonnerons du crédit aux communs qui font que nous sommes une société et non une simple addition d’individus. 

Christian ASSAF Conseiller régional Président du groupe Socialiste, Républicain et Citoyen Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée (23-11-18)     1574 vues

 

L'indécapant 2
L'indécapant 1
Envoyer par E-mail

 

 

Retour

Imprimer